La Confession négative

Dans la conception spirituelle égyptienne, après la mort, un long et compliqué voyage commence. Les rapports avec les dieux s’accroissent et avec leur proximité naissent des risques et des attentes. En effet, la volonté de tout Égyptien pieux et de rejoindre le dieu soleil Rê et d’atteindre la vie après la mort. Mais ceci ne sera possible qu’après plusieurs étapes initiatrices qui conduisent l’âme du défunt à être jugée. C’est donc après avoir entrepris le voyage jusqu’au monde des morts que le ba, l’âme, est apte à entrer dans la vie éternelle. Par ce jugement, il atteste de son innocence, il affirme sa légitimité à prendre part à la vie des immortels. Après avoir été introduit dans le tribunal d’Osiris par Horus ou par Anubis, selon les versions, le défunt subit la psychostasie. Elle consiste à peser son cœur sur une balance ; pour s’assurer de sa pureté : il doit être plus léger qu’une plume disposée de l’autre côté de la balance. Le rituel est présidé par Osiris – roi du royaume des morts – tandis que Maât officie sous le regard de Thot et Ammit « la dévoreuse d’âme ». Avant ce rituel, il affirme aux dieux en présence n’avoir commis aucun péché. Pour cela, il formule la négation de péchés. Si le jugement est positif, le défunt poursuit sa route jusqu’au tribunal des quarante-deux juges. Il doit alors les introduire par leur nom respectif et devant chaque juge, il va reformuler chacune de 42 négations.

Si la balance ne montre aucun mensonge, l’âme du défunt est déclarée « clair de voix » et peut accéder à la Douat où il pourra combattre ses ennemies et renaitre sous sa forme immortelle aux côtés des dieux. Ce long processus et particulièrement le passage du jugement et de la confession négative est illustré dans les papyrus et dans les tombeaux avant eux. Il s’agit d’un moment très important et riche en symbolique qui marque la première accession à la vie après la mort et le triomphe de la mortalité.

Dans le papyrus d’Ani, exemple exceptionnel, la scène de la confession négative s’accompagne de la représentation des quarante-deux juges et des paroles que doit tenir l’âme du défunt. On note aussi la représentation des dieux à son écoute pendant sa prise de parole. L’importance de ces écrits traverse leurs illustrations, essentielle pour le défunt qui est guidé par ces mots.

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ani_chap125.jpg

Illustration de la confession négative devant les 42 juges tiré du papyrus d’Ani

Cette confession se passe donc en deux temps : la première devant le tribunal des dieux qui observe la pesée de l’âme selon des paroles très codifiées :

Salut à toi, grand dieu, maître des deux Maât !

 Je suis venu vers toi, ô mon maître, ayant été amené pour voir ta perfection.

 Je te connais et je connais le nom des quarante-deux dieux qui sont avec toi dans cette salle des deux Maât, qui vivent de la garde des péchés et s’abreuvent de leur sang le jour de l’évaluation des qualités (…)

 Voici que je suis venu vers toi et que je t’ai apporté ce qui est équitable, j’ai chassé pour toi l’iniquité.

Je n’ai pas commis l’iniquité entre les hommes.

Je n’ai pas maltraité les gens.

Je n’ai pas commis de péchés dans la Place de Vérité.

Je n’ai pas cherché à connaître ce qui n’est pas à connaître.

Je n’ai pas fait le mal.

Je n’ai pas commencé de journée ayant reçu une commission de la part des gens qui devaient travailler pour moi, et mon nom n’est pas parvenu aux fonctions d’un chef d’esclaves.

Je n’ai pas blasphémé Dieu.

Je n’ai pas appauvri un pauvre dans ses biens.

 Je n’ai pas fait ce qui est abominable aux dieux.

 Je n’ai pas desservi un esclave auprès de son maître.

Je n’ai pas affligé.

Je n’ai pas affamé.

Je n’ai pas fait pleurer.

Je n’ai pas tué.

Je n’ai pas ordonné de tuer.

Je n’ai fait de peine à personne.

Je n’ai pas amoindri les offrandes alimentaires dans les temples.

Je n’ai pas souillé les pains des dieux.

Je n’ai pas volé les galettes des bienheureux.

Je n’ai pas été pédéraste.

Je n’ai pas forniqué dans les lieux saints du dieu de ma ville.

Je n’ai pas retranché au boisseau.

Je n’ai pas amoindri l’aroure.

Je n’ai pas triché sur les terrains.

Je n’ai pas ajouté au poids de la balance.

Je n’ai pas faussé le peson de la balance.

Je n’ai pas ôté le lait de la bouche des petits enfants.

Je n’ai pas privé le petit bétail de ses herbages.

Je n’ai pas piégé d’oiseaux des roselières des dieux.

Je n’ai pas péché de poissons de leurs lagunes.

Je n’ai pas retenu l’eau dans sa maison.

Je n’ai pas opposé une digue à une eau courante.

Je n’ai pas éteint un feu dans son ardeur.

Je n’ai pas omis les jours à offrandes de viande.

Je n’ai pas détourné le bétail du repas du dieu.

Je ne me suis pas opposé à un dieu dans ses sorties en procession.

Je suis pur, je suis pur, je suis pur, je suis pur !

Ma pureté est la pureté de ce grand phénix qui est à Héracléopolis, car je suis bien ce nez même du Maître des souffles, qui fait vivre tous les hommes (…)

Il ne m’arrivera pas de mal en ce pays, dans cette salle des deux Maât, car je connais le nom des dieux qui s’y trouvent.

Et dans un second temps devant les juges du tribunal :

1. Hail, Usekh – nemmet, sortant de Anu(Heliopolis), je n’ai pas fait iniquité.

http://www.lifeproof.fr/mon_weblog/2010/11/amal-kenawy-lh%C3%A9ritage-de-lart-%C3%A9gyptien-by-justine.html

Peser de l’âme sous l’œil des 42 juges à droite du papyrus de Nesmin (époque Ptolémaïque)

2. Hail, Heprshet, venant de Kher-aha de la grande ville entre Fostat et Matariyah), je n’ai pas commis de vol qualifié.

3. Hail, Ferrus, sortant vient de Khemenu (hermopolis), je n’ai pas volé avec violence.

4. Hail, Am-khitabu, venant de Qerrt “(le cercle – peut-être une place dans l’autre monde), je n’ai pas commis de vol.

5. Je vous salue, Neha-hau. Revenant en arrière du Re-stau(une région de l’autre monde de Memphis), je n’ai pas tué hommes.

6. Hail, Dieu Lion et déesse lionne, qui vient du ciel, je n’ai pas fait allumer le boisseau de maïs.

7. Hail, Merti-f-em-tes, en venant de Sekhem(Letopolis), je n’ai pas agi frauduleusement.

8. Hail, Lone, sortant de Khetkhet, je n’ai pas volé la propriété de Dieu.

9. Hail, Set-qesu, sortant de Suten-henen(Herakleopolis), je n’ai pas prononcé de mensonge.

10. Hail Uatch-Nesert, sortant de Het-ka-Ptah(Memphis), je n’ai pas volé de nourriture.

11. Salut, Qerti, sortant d’Ament, je n’ai pas maudit.

12. Hail, faire-abehu, sortant de Ta-he(Fayyum), je n’ai pas attaqué n’importe quel homme.

13. Hail, Am-senf, sortant de l’abattoir, je n’ai pas tué le bétail du Dieu.

14. Hail, Am besek, sortant de Mabit, je n’ai pas utilisé de tromperie

15. Hail, Neb-Maât, sortant de Maati, je n’ai pas volé de grain.

16. Hail, Thenemi, venant de Bast (Bubastis), je n’ai pas espionné.

17. Hail, Asti (ou Anti), sortant de Anu, je n’ai pas calomnié.

18. Salut, Tutu-f, sortant d’Ati[?], je n’ai pas été en colère sans motif.

19.Hail, Uamenti, sortant de la maison, je n’ai pas couché avec une autre femme.

20. Hail Maa-OMM, sortant par le Per-Menu, je ne me suis pas fait de mal.

21. Hail, Her-seru, sortant de Nehatu, je n’ai fait peu à aucun homme.

22. Hail, Abdelkader, sortant d’Ahaui, je n’ai attaqué aucun homme.

23. Hail, Shetkheru, sortant d’Urit, je n’ai pas été un homme de la colère.

24. Hail, Nekhen, sortant de la HQE-au, je n’ai pas été sourd à l’expression de la vérité.

25. Hail, Ser-Kheru, sortant d’Unes, je n’ai pas provoqué de lutte.

26. Hail, Basti, venant de Shetait, je n’ai causé de peine à personne.

27. Hail, Her-f-ha-f, (qui était le passeur de l’autre monde. Il aimait ruth et haï de péché et à cause de son intégrité, est devenu un chef de file des dieux), sortant de la place de la voile, j’ai agi je n’ai pas agi de façon impure, ni couché avec des hommes.

 28. Hail, Ta-re, qui sortent la nuit, je n’ai pas mangé mon cœur.

29. Hail, Kenemti, sortant de Kenmet, je n’ai pas maudit n’importe quel homme.

30. Je vous salue, An-hetep-f, sortant de Sau, je n’ai pas accompli d’actes de violence.

31. Hail, Nebheru, sortant de Tchefet, je n’ai pas agi précipitamment.

32. Je vous salue, Serekhi, sortant forment Unth, je n’ai pas [?] ma peau, je n’ai pas [?] le Dieu.

33. Hail, ONÉ-Benoît, sortant de Sauti, je n’ai pas haussé la voix en parlant.

34. Hail, Nefer-Tem, sortant de Het-ka-Ptah (Memphis), je n’ai pas agi frauduleusement, je n’ai pas agi méchamment.

35. Hail, Tem-sep, sortant de Tetu, je n’ai pas maudit le roi.

36. Hail, Ari-em-ab-f, sortant de Tebti, je n’ai pas pollué l’eau.

37. Hail, Ahi [?], sortant de Nu, je n’ai pas élevé la voix.

38. Hail, TUT-rekhit, venant de l’avant de leur maison, je n’ai pas contraint de Dieu.

39. Je vous salue, Neheb,-nefert, sortant de [?], je n’ai pas agi insolemment.

40. Je vous salue, Neheb-kau, venant de l’arrière de la ville, je ne travaille pas pour les honneurs.

41. Hail, Tcheser-tep, sortant de la carven, je n’ai pas augmenté mes biens sauf par le biais de mes propres biens.

42. Je vous salue, An-a à f, venant de l’avant d’Auker, je n’ai pas traité avec mépris le Dieu de ma ville.

La puissance des textes antiques apparait dans l’objectif même de leur existence : vaincre la mort. Cette immortalité est parallèle avec le lien que l’âme et les dieux entretiennent. Cette relation privilégiée avec le dieu réapparait plus tard dans les religions monothéistes et notamment le judaïsme. Il apparait une « continuité » entre cette confession négative et les dix commandements que Dieu fait à Moïse. La transformation de la négation en ordre réinstalle le paradigme religieux dans une autre aire chronoculturelle. La confession négative et les commandements demeurent un rite initiatique, une ligne de conduite qui marquent la vie du « bien heureux » qui ne porte pas préjudice à l’ordre social primordial. Ces textes sont d’une richesse pour notre conception des sociétés et du temps.

http://www.insecula.com/oeuvre/O0003596.html

Papyrus de la confession négative datant du premier siècle avant notre ère

Lien utile :

Article sur le sujet : http://egyptomusee.over-blog.com/article-27115475.html

Article sur le sujet, en lien avec le papyrus d’Ani : http://thesevenworlds.wordpress.com/2013/01/25/kmt-papyrus-of-ani-42-negative-confessions/

Source des 42 confessions aux juges. Traduis de l’anglais à partir de l’article “Egypt (Kemet): The Egyptian Book of the Dead- The Negative Confessions-Part 1 and 2; The Origins of the Egyptian Godshttp://ixwa.hubpages.com/hub/EgyptKemet-Alkebuland-The-Egyptian-Book-of-the-Dead-The-32-Negative-Confessions-Part-1

Confession négative : http://artchives.samsara-fr.com/confess.htm

FAVARO MARINE

La déesse Maât

La déesse Maât

La déesse Maât

Maât est une déesse très importante de la civilisation égyptienne. Elle représente la justice, la vérité, l’ordre social, elle est le principe de l’harmonie universelle dans l’ordre physique et l’ordre moral. D’ailleurs, le pharaon et les égyptiens étaient supposés agir en fonction de Maât c’est à dire suivre les commandements divins.
Le pharaon avait donc une mission à remplir: mettre en œuvre la règle de Maât sur terre c’est-à-dire assurer l’harmonie entre les hommes et le ciel, être garant de la morale de son peuple, contribuant ainsi à assurer son éternité et la prospérité de l’Égypte. Il devait maintenir l’ordre du monde sur terre comme Maât maintient l’ordre cosmique en luttant contre son adversaire le Chaos, le désordre et l’injustice Isfet car en effet elle fait renaitre le soleil des ténèbres chaque jour, il devait aussi combattre le mal sous toutes ses formes, c’est cela satisfaire les divinités qui «vivent de Maât».
Si Maât est la justesse de l’univers, elle est aussi celle du comportement du monarque. En pratiquant la règle de Maât, le Pharaon met en œuvre une puissance essentielle, clé du bonheur des hommes : la solidarité. Solidarité de Pharaon avec le divin, de la communauté des hommes avec le sacré, de Pharaon avec toute l’Égypte et enfin solidarité des hommes entre eux.

Les Anciens égyptiens affirmaient l’existence d’un Ordre supérieur, vivant et éternel: Maât, soit la déesse Vérité-Justice, c’est à dire l’ordre cosmique déifié. En Égypte antique, la déesse Maât est la personnification de la Vérité, de la Justice, de l’équilibre cosmique, de la loi, de l’ordre, de la rectitude, de l’intégrité et de la vertu.

Cette déesse est toujours représentée de façon anthropomorphe sous les traits d’ une femme portant sur sa tête une plume d’autruche.

S.N, Maât, l'équilibre du monde organisé, Wordress [EN LIGNE], disponible sur:http://meryre.wordpress.com/2008/06/09/maat-lequilibre-du-monde-organise/ (Consulté le 02/03/2013).

S.N, Maât, l’équilibre du monde organisé, Wordress [EN LIGNE], disponible sur:http://meryre.wordpress.com/2008/06/09/maat-lequilibre-du-monde-organise/ (Consulté le 02/03/2013).

Elle n’est jamais assimilée à d’autres déesses comme c’est le cas par exemple pour les « filles de Rê » dont le syncrétisme a révélé de nombreuses associations. Au contraire, toutes les déesses peuvent emprunter la personnalité de Maât qui se manifeste parfois dans l’uræus, autre symbole d’équilibre cosmique et terrestre. Elle est figurée dans une robe moulante, comme de nombreuses autres déesses, souvent assisse sur ses talons ou plus souvent recroquevillée dans une robe blanche moulante. Elle tient toujours la croix ankh, symbole de la vie et elle est parfois ptérophore c’est-à-dire porteuse d’une paire d’ailes comme l’est parfois représentée Isis mais cette dernière n’est jamais coiffée de la plume d’autruche qui distingue nettement Maât des autres déesses, ce seul élément suffit pour l’identifier.
Elle est la fille du dieu Rê, le dieu solaire. Maât est la déesse de la vérité et de la justice, «Parler selon Maât» c’est dire la vérité.

S.N, Maât, l'équilibre du monde organisé, Wordress [EN LIGNE], disponible sur:http://meryre.wordpress.com/2008/06/09/maat-lequilibre-du-monde-organise/ (Consulté le 02/03/2013).

S.N, Maât, l’équilibre du monde organisé, Wordress [EN LIGNE], disponible sur:http://meryre.wordpress.com/2008/06/09/maat-lequilibre-du-monde-organise/ (Consulté le 02/03/2013).

Lors du jugement divin présidé par Osiris, sur la balance est placé d’une part le cœur du défunt de l’autre la plume d’autruche ou une petite figurine caractérisant la déesse, scène qui correspond à la psychostasie la pesée du cœur dans le livre des morts. C’est ainsi la conscience du mort qui sera pesée, symbolisée par son cœur, qui selon les croyances égyptiennes, est le siège de la pensée, de la conscience, de la mémoire et des sentiments. C’est donc à travers la totalité de ces actes que le défunt est confronté à Maât. Si le cœur est plus lourd que la plume à cause des fautes qui ont été commises par le défunt il sera mangé par la grande dévoreuse Ammit créature hybride à la fois lionne, hippopotame et crocodile dont le rôle consistait à faire disparaître à jamais ceux qui n’ont pas respecté la règle instaurée par les Dieux, car en effet elle se nourrit de l’ âme du défunt. Si au contraire le poids du cœur est équivalent à celui de la plume il pourra aller au paradis et il méritera sa vie éternelle.
Peser ainsi son cœur c’est apprécier si le prétendant à l’immortalité s’est comporté avec droiture en respectant la Règle, qu’il n’a jamais porté préjudice ni aux hommes, ni aux dieux, son cœur n’est donc pas alourdi par ses fautes. Une fois que le défunt à exposer sa défense qui consiste à énumérer une liste d’actions négatives qu’il n’a pas commise afin de prouver qu’il a bien respecté la Règle de Maât de son vivant devant Osiris le juge suprême qui préside le tribunal et devant les autres assesseurs qui l’assistent dans ses fonctions, il sera proclamé «juste de voix». Cette épithète divine sera accolée à son nom et il deviendra ainsi un Osiris; le défunt aura ainsi réussit à adopter un comportement social et religieuse idéal qui lui permettra d’atteindre la survie éternelle.

Maât incarne l’équilibre cosmique, l’ordre universel. Elle lutte sans cesse contre les forces du chaos (Isfet) pour mettre la rectitude à la place de l’iniquité. Elle intervient aussi bien dans le jugement rendu par le tribunal divin que dans la justice du monde des vivants. En théorie c’est au Pharaon que revient de faire régner la justice dans son royaume. Mais dans la pratique faute de pouvoir être acteur de la justice dans chaque procès, il délègue son pouvoir au Vizir chef suprême des tribunaux et «prêtre de Maât». Le vizir a la charge de prononcer les jugements conformes à Maât pour régler les différends entre les habitants du royaume.
Les Égyptiens doivent vivre selon Maât, et selon ces principes c’est à dire dans la pureté morale et physique, l’ordre et l’harmonie, le respect de chaque personne de la société, quelle que soit sa condition et sa position dans la hiérarchie, mais aussi respecter les valeurs fondamentales humaines et religieuses afin de s’assurer non seulement l’intégration dans la société égyptienne, mais aussi une existence heureuse dans l’au-delà. Sans cette règle universelle, la nature humaine briserait l’harmonie et les forces du mal(Isfet) envahiraient l’Égypte.

Farag Monika